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Conseil et Formation en management

Management & Ă©thique

Il faut bien reconnaître que notre époque amplifie le grand écart entre une pensée juste et forte avec des comportements très schizophrènes. Rappeler les principes est encore aisé mais développer une liberté de parole et d'expression entre responsables, ne serait-ce que pour échanger, s'ajuster, partager sur les questions très concrètes qui se posent, est une autre gageure !

Pourtant, sur ce thème délicat, Joseph Joubert a tout dit en une formule ramassée. Il faut d'abord une parole claire qui enseigne, puis on est entraîné par l'exemplarité. Fuir l'ambiguïté est une demande forte des jeunes générations, non encore touchées par ce que l'on appelle le réalisme des affaires. Finalement, la citation de Goethe que nous récusons dans un premier temps, en pensant au totalitarisme, trouve néanmoins des résonances gênées chez des responsables. Les principes, oui bien sûr, mais il est vrai qu'au quotidien... il faut bien transiger...

Sujet piégé, dangereux. Histoires vécues dans de grandes entreprises : la passation de modules e-learning rapides sur le sujet de l'éthique est imposée à des cadres. On est sûr ainsi qu'ils sont bien prévenus des limites, des règles : à eux de prendre leurs risques. Autre exemple : la décision de créer un séminaire d'éthique des affaires pour les cadres supérieurs.
Le stage pilote va démarrer. Quelques jours avant, le projet est ajourné sine die, les consultants dédommagés, le sujet ne serait pas encore mûr pour l'aborder avec toute une population de responsables... Au fond, le rêve inconscient de certains : pourrait-on rappeler des principes sans forcément les appliquer ?

LA FORCE DES PRINCIPES
L'éthique est un juste discernement dans l'agir humain, lors de la réflexion, lors de la décision, lors de l'action. Il ne s'agit pas de limiter, d'enfermer ce comportement éthique dans les seules prescriptions légales et réglementaires. L'éthique dépasse le droit strict. Notre époque très relativiste a du mal à admettre qu'il faille rappeler des principes de comportement éthiques, «mix» de morale naturelle, accessible à une raison droite, et de déontologie professionnelle. Pourtant, donner cette boussole de références à tout responsable en charge de personnel, de produits, de clients, sera une aide puissante pour se diriger avec pragmatisme dans la multiplicité des micro- décisions quotidiennes. Les esprits scrupuleux et fuyants voudraient une liste exhaustive pour s'exonérer de toute recherche personnelle. Au contraire ! Il s'agit d'entamer une réflexion personnelle sur sa propre expérience pour mettre à nu ces quelques éléments qui fixent une ligne de conduite. En quelque sorte une ligne de défense intérieure que l'on ne franchira pas pour ne pas se renier et se détruire. Ces principes sont-ils vécus, intégrés intimement ? Ose-t- on dans une équipe y faire référence pour dialoguer sur les risques de comportements non éthiques vis à vis des personnes, sur les risques de pratiques anti concurrentielles, sur les risques de corruption, sur les risques liés au produit, au service proposé et vendu à une clientèle ? Le recours aux principes comme outil de discussion, de décision, est libérateur pour l'homme qui va porter la décision et le risque. La discussion permet d'ajuster, de trouver des solutions réalistes mais aussi cohérentes avec ces principes.
Quid de la schizophrénie ? C'est une maladie qui se répand à notre époque dans les grandes organisations. Très fréquente chez les personnes exerçant des responsabilités qui pensent ainsi se protéger. On rompt l'unité salutaire de la pensée de Joubert. On se contente de proclamer quelques principes. Cette proclamation soulageant l'âme, on peut tranquillement alors passer à une application légèrement ou totalement déconnectée des principes précédemment évoqués.

(lire l'intégralité de l'article sur l'appli RDR)