Etre dans son élément…

Une expression à laquelle Ken Robinson, dans son livre, "The element", redonne tout son sens. De l'importance, des bancs de l'école à la carrière professionnelle, de t trouver sa passion pour être brillant dans son activité, car la créativité à sa place dans tous les champs de l'action humaine.

« L'école tue la créativité» proclamait en 2006 Sir Ken Robinson, pédagogue et écrivain, mais plus connu pour cette fameuse conférence TED sur ce sujet. En 1998, le gouvernement britannique lui confiait ainsi la direction d'un comité national sur l'éducation créative et la culture. L'étude, « Rapport Robinson », fruit de ce travail, présentait un panorama de l'actualité et une vision prospective de la créativité, la culture et l'éducation en Grande-Bretagne. The element expose la thèse principale de ce pédagogue passionné : il est indispensable de trouver sa voie. Robinson parsème son livre d'exemples de vies qui ont été changées grâce à la découverte d'une passion. Gillian Lynne, danseuse reconnue et chorégraphe de comédies musicales comme « Cats » et « Le fantôme de l'opéra » avait failli, étant enfant, être expulsée du système scolaire. Elle était alors considérée comme une enfant hyperactive incapable d'apprentissage et d'intégration sociale. Grâce à un pédopsychiatre éclairé, la découverte de sa véritable passion, la danse, lui permit de se tracer un parcours de vie à l'époque inimaginable. De nombreux autres cas de personnes célèbres sont cités : Paul Mc Cartney, Matt Groening qui est à l'origine des Simpsons, Paul Samuelson, prix Nobel d'économie et bien d'autres encore.

Une remise en cause de la notion de compétence
L'auteur présente la recherche de cette passion fondatrice comme « The element ». Pour être dans son élément, il ne suffit donc pas d'avoir une capacité naturelle pour l'activité exercée mais surtout de se passionner pour ce que l'on fait. Selon sa théorie, les activités qui nous plaisent nous remplissent d'énergie, même si physiquement nous sommes fatigués ; en revanche, les activités qui nous déplaisent nous fatiguent en quelques minutes. Un des principes fondamentaux serait de remettre en question ce que l'on comprend habituellement par compétences. Souvent, l'intelligence est confondue avec l'habilité académique et les tests de coefficient intellectuel, alors que selon Howard Gardner, professeur de psychologie de l'université d'Harvard, il n'existe pas un seul type d'intelligence mais des intelligences multiples. Selon Robert Sternberg, professeur de psychologie de l'université de Tufts et ancien président de la American Psychological Association, trois types d'intelligences peuvent s'observer :

• l'intelligence analytique qui consiste en l'habilité de trouver des solutions aux problèmes en utilisant les compétences académiques,
• l'intelligence créative pour affronter les situations nouvelles et trouver des solutions originales
• l'intelligence pratique qui est l'habilité à se confronter aux problèmes et défis de la vie quotidienne.
Ken Robinson, quant à lui, définit l'intelligence comme hétérogène, dynamique et complètement propre à chacun. Pour lui, il est clair que l'intelligence et la créativité sont intimement liées. Il existe de nombreux mythes autour de la créativité, notamment que seules les personnes douées sont créatives. Robinson défend que tout le monde nait avec des capacités créatives, tout le défi résidant dans leur développement. Il démonte un autre mythe selon lequel la créativité s'utilise seulement dans certaines activités dites artistiques comme le design ou la pub alors que Ken Robinson est convaincu que les sciences, le sport ou le management demandent aussi une large dose de créativité. Bien sûr tout ce processus comporte des risques et ce fameux pédagogue martèle sa règle d'or : « Tu ne feras jamais rien d'original si tu n'es pas disposé à faire des erreurs ».
Conférences TED 2006 et 2010 : http://www.ted.com/speakers/sir_ken_robinson.html