Le management version Aztèques

Comment, en puisant aux sources d'une sagesse ancienne, enrichir son rapport à soi et aux autres pour mieux manager ? A l'heure où la complexité croissante de notre société et la compétition ont tendance à susciter stress personnel et tensions sociales, il peut être bon de s'abreuver aux sources de sagesses anciennes. C'est ce que propose Miguel Ruiz, auteur du best-seller « Les quatre accords Toltèques » qui fut suivi d'un ouvrage sur « Le cinquième accord ». Ce neurochirurgien mexicain, lui-même fils de chaman, s'est plongé dans l'histoire de la tradition toltèque à la suite d'un accident. C'est ainsi qu'il mit à jour les « Accords Toltèques » d'une lumineuse simplicité. Les Toltèques sont un peuple mythique, ancêtres des Aztèques. Ils furent des « maîtres bâtisseurs », adorateurs de Quetzalcoatl, le Dieu Serpent à Plumes.

Les accords Toltèques, d'une apparente simplicité, constituent un puissant levier de développement, autant personnel que sur le plan des relations au sein d'une équipe.
Ainsi le premier accord « que votre parole soit impeccable » nous invite-t-il à l'usage d'un parler « juste » basé sur les faits, et qui refuse le dénigrement d'autrui tout autant que de soi.
Il s'agit de prendre les « bruits » pour ce qu'ils sont... des bruits, et d'utiliser des mots positifs dans notre relation à nos collaborateurs. Par exemple, remplacer le « mais » qui enferme par le « et » qui ouvre. « Nous avons atteint nos objectifs mais il faudra faire mieux l'année prochaine » sera remplacé par « nous avons atteint nos objectifs et ce succès nous sera utile pour faire mieux l'année prochaine ».

Le deuxième accord invite à ne pas prendre systématiquement ce qui nous arrive à un niveau trop personnel. « Ne pas en faire une affaire personnelle » implique de dissocier en toute conscience notre « rôle social » qui se traduit par un poste, une mission, etc. de notre moi personnel. Pour M. Ruiz, ce que les autres disent est avant tout le reflet de leurs propres croyances. Cela ne signifie pas qu'il faille ignorer ce que disent les autres. L'écoute est importante et doit nous amener à « faire avec les autres » et non pas « contre ». Reste à trouver l'équilibre entre les deux attitudes...

Le troisième accord « ne faites pas de suppositions » souligne notre tendance à tout interpréter sans nécessairement se donner la peine de vérifier. Il s'agit ici d'apprendre à se garder de nos propres préjugés pour s'adonner au jeu des questions, de manière franche et directe. L'appliquer au sein d'une équipe peut en améliorer l'atmosphère, chacun s'engageant à poser des questions et à accepter qu'on lui en pose, en bannissant les « j'ai l'impression que... », « il a l'air de... »...

Malgré l'apparence, le quatrième accord qui incite à « faire toujours de son mieux » ne se réduit pas à ce qui fonde, depuis notre enfance, nos comportements au travail ou dans le sport. Ce n'est pas tant une invitation « à se dépasser » qu'une injonction à instaurer un climat de soutien mutuel au sein de l'équipe qui permette de reconnaître les limites, mais aussi les potentialités, de chacun. Le droit à l'erreur est reconnu à la fois comme « encouragement à oser » et source d'expérience.

Le cinquième accord, « soyez sceptique mais apprenez à écouter », est une invitation à la pratique du doute. Il s'agit de développer notre aptitude à remettre en cause nos routines de fonctionnement et à nous ouvrir à l'extérieur pour mieux s'adapter à un environnement complexe et paradoxal tel celui de l'entreprise.
Les cinq accords ne sont pas si aisés à appliquer. Cependant, faciles à mémoriser, ils peuvent être égrenés mentalement. Moment propice pour prendre du recul et nous guider dans l'action.

Les quatre accords toltèques : La voie de la liberté personnelle Miguel Ruiz
Le cinquième Accord Toltèque, Don Miguel Ruiz
Manager avec les accords toltèques : Une nouvelle voie vers l'intelligence collective, Laurence Aubourg
Les premiers mexicains. Olmèques, Toltèques, Aztèques... Michael D. Coe