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Conseil et Formation en management

Your company’s history as a leadership tool

Harvard Business Review december 2012
By J.T. Seaman Jr. and G.D. Davis

L'histoire d'une entreprise est un gisement à exploiter pour conduire le changement. Pour les auteurs, l'histoire, lorsqu'elle est analysée, permet de redonner de l'éclat aux valeurs de fondation. Il est alors possible de créer une mythologie faite d'histoires qui illustrent les valeurs et les messages que l'on veut faire passer. Les échecs surmontés dans le passé semblent de bon augure sur la capacité de l'entreprise de renouveler l'exploit et de prendre le cap nécessaire à la croissance. Les personnes s'en trouvent motivées sinon rassurées sur la pertinence de mesures qui ont déjà fait leurs preuves. Un nouveau patron y trouvera aussi de la crédibilité et de la légitimité.

L'article donne aussi au dirigeant féru d'histoire et de biographies ses lettres de noblesse.
Son esprit est ouvert et en recherche de véracité des faits. Il développe une vision long terme car l'histoire s'inscrit dans la durée et dépasse l'obligation trimestrielle des résultats à produire. Quelques réflexions peuvent être conduites à partir de cette tentative de réhabilitation de l'histoire d'entreprise. L'histoire est un tout qui appelle souvent l'interprétation. Elle n'a pas une vocation uniquement utilitaire: extraire des évènements de leur contexte pour servir de justification à quelque chose de manipulatoire. Elle n'a pas à être au service d'une quelconque stratégie.
L'histoire n'appelle pas à une reproduction des évènements, elle n'est pas prédictive du futur. L'amitié des peuples en est un exemple : la "perfide Albion "devient un partenaire économique et politique important lors de la 2ème guerre mondiale. Une entreprise qui rechercherait dans son passé les clés de son futur se leurrerait certainement. L'histoire n'est pas uniquement une suite d'évènements, elle est portée, incarnée par des hommes et des femmes qui ont tissé le corps social et par des patrons qui ont donné le cap. Ce qui a donné le sens, c'est la composante humaine; c'est pourquoi, pour les entreprises familiales, il n'est point besoin de redonner le sens, il est porté simplement par les personnes qui gouvernent. Le sens dépasse alors la performance financière mais parle de transmission d'un patrimoine, d'un savoir-faire, d'un savoir être. Les Agnelli sont l'histoire de la Fiat.
L'histoire ne s'apprend pas uniquement, elle se connait par imprégnation. Les styles, les rites, les mots sont autant de signes de cette histoire. Si elle s'apprend uniquement, c'est qu'elle est morte. Lorsque l'on détruit toutes (sans en laisser aucune) les cheminées et les bâtiments d'un site qui fut autrefois industriel pour bâtir des locaux modernes et impersonnels, on efface le tangible, ce qui fait foi d'un passé industriel et l'on ne peut obliger des « jeunes talents » à croire qu'un jour des ouvriers ont coulé l'acier ou fabriqué des pneus ! L'histoire n'est utile que pour ceux qui se sentent partie prenante de cette histoire parce qu'une communauté humaine les a doucement apprivoisés et initiés.
L'histoire formalisée est déjà morte et reconstituée. La véritable histoire est une tradition vivante. La question n'est pas dans la proclamation de valeurs mais dans le vécu de ces valeurs. On voit ici l'importance des rites initiatiques de formations, qu'ils soient parcours ou tutorat.
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